En visitant le temple Ryōan-ji à Kyoto, je suis subjuguée par le célèbre jardin de pierres qu’il abrite. En pleine contemplation, j’entends soudain un guide prononcer ces mots :

« Si l’on accepte que la pierre n’est pas seulement une pierre, mais peut être une montagne ou un dragon, alors
ces jardins prennent une charge magique. Car si vous êtes capable de voir dans des graviers un océan, alors une mer infinie de possibilités s’offre à vous. »

Je comprends alors que ces jardins minimalistes sont une invitation à employer sa conscience pour donner un autre sens à ce que l’on a devant les yeux. Cette découverte me fascine.

Plus tard, en passant devant l’atelier d’un fabricant de tatami, mon regard est soudain capté par la matière tissée que l’artisan est en train de façonner. Je revois le jardin zen, et mon esprit commence à imaginer des paysages vibrants qui se déploient à l’horizon.